• L'automne a fait revenir mille et un oiseaux au jardin

    Ils sont là qui s'affairent, picorent, volètent, s'activent et, partout, ce ne sont que bruissements d'ailes, pépiements et gazouillis.

    "Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux,
    De jaser au milieu des branches et des eaux,
    Que nous nous expliquions et que je vous querelle ?"

    En écoutant les oiseaux...

    Tout ces bruissements d'ailes, ces pépiements, ces gazouillis, ont fait remonter à ma mémoire les mots d'un auteur admiré.

    "Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle,
    Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez
    Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés,
    De votre mélodie et de votre langage"

    Chez moi, point encore de tourterelle et plus de verdier. Mais si le rouge gorge et la fauvette sont bien là, ils ne se sont pas laissés photographier.

    Le troglodyte, si. Mon jardin est son royaume...

    En écoutant les oiseaux...

     "Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme,
    Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons,
    Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds,
    Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles,
    Vous saisissez au vol ces strophes invisibles,
    Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; 

    En écoutant les oiseaux...

    En écoutant les oiseaux...En écoutant les oiseaux...

    Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux,
    A la chanson des cœurs, le battement des ailes ;

    En écoutant les oiseaux...

    Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles,
    Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls :
    « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! »
    Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure,
    Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ;

    En écoutant les oiseaux...

    Amour, lorsqu'en nos cœurs tu te réfugias,
    L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats,
    Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches,
    Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches,
    Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges,
    La langue des oiseaux de la langue des anges."

    (Victor Hugo - En écoutant les oiseaux - extraits)

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